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Synthèse des points d’attention – Novembre 2021

Globalement, la croissance des prix des aliments pour animaux, engrais, énergie et matériaux se poursuit, entraînant une hausse des coûts de production inquiétante dans certains secteurs, surtout en élevage.

Pour le secteur des grandes cultures :

  • Les cours du froment et escourgeon continuent à grimper (FEGRA) : +9% en un mois ; +40% sur un an pour le froment et +50% pour l’escourgeonOrge de brasserie : +6% en 1 mois.
  • La récolte de maïs est terminée avec un prix de +35% en un an.
  • Les cours du colza grimpent également : + 12% en un mois.
  • La flambée des engrais chimiques est toujours d’actualité : > 200%, voire près de 280% pour la solution azotée.

Pour les secteurs avicoles et porcins :

  • Secteur avicole à côté des difficultés subies depuis plus d’un an par le secteur du poulet standard (mesures de lutte contre le COVID et la grippe aviaire, suivies par la hausse du prix des aliments), d’autres secteurs de la volaille commencent aujourd’hui à souffrir lourdement : œufs conventionnels, œufs biologiques, poulet biologique. En bio, l’impact du nouveau règlement sur l’agriculture biologique renforce également cette augmentation des coûts. Un besoin urgent de revalorisation des prix par les distributeurs et centres d’emballage est exprimé par le secteur.
  • Secteur porcin : la situation reste préoccupante, tant par les prix bas payés aux producteurs (offre excédentaire, contexte global de crise) que par les incertitudes qui pèsent sur les marchés des matières premières des aliments pour animaux. Les prix des porcelets en production standard ont continué à dégringoler et sont au plus bas et stables actuellement, au point que les opérateurs affichent des prix avec bonifications afin de ne pas indiquer des prix négatifs. En productions à valeur ajoutée : prix des aliments : pour le non-OGM : le soja est  à 270 €/t (au lieu de 100 €/t auparavant) – même pour les producteurs qui font eux-mêmes leurs aliments, cela veut dire que le prémix coûtent le double. A noter que l’Allemagne a mis en place une « politique » de protectionnisme afin de favoriser la vente de la viande de porc allemande dans le pays.

Pour le secteur bovins viande :

  • La demande en viande bovine a été plus basse au mois d’octobre.
  • La contraction des marges des acteurs intermédiaires se poursuit, suite à la hausse des prix d’achats sans pouvoir répercuter de la même manière l’augmentation du prix de vente.
  • Compte tenu de la croissance du coût de production et sans un rééquilibrage suffisant du prix de vente, les éleveurs/engraisseurs se détournent actuellement de l’engraissement ; les animaux partant en Flandre pour être engraissés.
  • Nette baisse des abattages en un an, surtout via la baisse des abattages des vaches, en particulier les réformes laitières.
  • La Commission européenne prévoit en 2022 une baisse de la production bovine européenne de 0,9%, concomitamment à la baisse attendue de la consommation.

Pour le secteur bovins lait : la production laitière en Belgique en septembre 2021 a diminué de -2,5 % par rapport à septembre 2020, avec une différence régionale très marquée de 1,5% (-3,7 % en Wallonie et -2,2 % en Flandre). Cette diminution semble due à la faible qualité nutritionnelle des fourrages locaux et au prix élevé des concentrés qui a limité leur achat.

Le prix moyen du lait aux producteurs belges est toujours à la hausse. En septembre 2021, il a été de 37,3 €/100 litres, soit dans la moyenne européenne (37,4 €/100 litres). Cependant, certains producteurs craignent que cette hausse ne soit pas suffisante pour compenser la hausse de prix de l’alimentation animale (+2,3% en octobre) et de l’énergie (+6,7% en octobre selon la Commission européenne).

Les cours mondiaux du beurre et des poudres de lait sont en forte hausse : +22% pour le beurre et +10% pour la poudre de lait écrémé sur les 6 dernières semaines.

Pour le secteur des pommes de terre :

  • Belgique : demande peu active face à une offre également peu dynamique. Prix soutenus et globalement inchangés par rapport à la précédente note.
  • Autres pays (Pays-Bas, France, Allemagne) : demande soutenue.

Pour le secteur de l’horticulture comestible : en poires, les prix et les volumes sont bons, même si la Belgique a les prix les plus bas du marché au niveau de l’Union européenne. En pommes, le prix se maintient.

Pour le secteur de l’horticulture ornementale : peu d’évolution par rapport à la précédente note : la pénurie de plants domine. Bilan de la saison des chrysanthèmes : production wallonne stable, même si le nombre de producteurs diminue au fil des ans. Prix ridiculement bas dans les grandes surfaces.

Pour le secteur Bio et les circuits courts :

Les acteurs du secteur bio contactés ce mois de novembre font état d’une demande variable en bio – circuit court qui revient à des niveaux comparables à l’année 2020.

L’augmentation conjointe et importante ces dernières semaines du prix des matériaux de construction, du fioul et du coût de l’alimentation suscite des craintes et a pour conséquence une demande de revalorisation du prix de l’œuf bio, un réajustement annoncé du prix de vente du poulet bio et des difficultés partagées dans le secteur bovin laitier. L’impact sur le secteur de la viande bovine semble plus limité pour l’instant (auto-suffisance des fermes).

L’intérêt des producteurs et autres acteurs de filière pour les variétés robustes de PDT se confirme, il faut maintenant les faire connaitre du grand public qui reste très attaché aux variétés connues (ex : Charlotte).

A propos

Les éléments présentés dans le document sont établis sur base

  1. d’échanges avec des membres du Collège des Producteurs et des Commissions Filières
  2. de points d’attention spécifiques au bio établis en partenariat avec Biowallonie.

Il s’agit d’un travail non exhaustif faisant ressortir les éléments essentiels des préoccupations et perceptions des acteurs.

Méthodologie

L’objectif de ce rapport est de détecter les évolutions principalement au niveau des prix et de l’approvisionnement et d’identifier les préoccupations du secteur.

Une note est remise au Ministre chaque semaine à partir du 1er avril. Un rapport synthétique hebdomadaire est également publié.

Les différents acteurs des filières sont consultés par les chargés de missions du Collège des Producteurs.

Au niveau des fermes, les éléments à identifier pour tous vos produits (lait, bêtes maigres, bêtes grasses, produits transformés etc.) sont les suivants :

  • Evolution des prix
  • Evolution des quantités vendues
  • Problèmes / préoccupations par rapport aux débouchés et circuits de commercialisation
  • Problèmes / préoccupations par rapport à la collecte (normes sanitaires, restriction des quantités produites, …)
  • Préoccupations par rapport au fonctionnement de la ferme (approvisionnement, …).

Sources

Un ensemble d’opérateurs se mobilisent pour donner une visibilité représentative de leur secteur. Ils sont les partenaires privilégiés du Collège des Producteurs au travers l’animation de nos Commissions Filières.

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Collège des Producteurs