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Synthèse des points d’attention – Septembre 2021

L’observatoire des filières agricoles a été lancé dans le second trimestre 2020. Après un peu plus d’une année de travail et l’élaboration d’une vingtaine de notes de l’observatoire, il apparaissait utile de faire un point « rétroviseur » sur quelques éléments majeurs de l’année écoulée.

  • D’abord il y a eu la gestion des urgences,

Face aux mesures imposées par la crise COVID, l’observatoire a permis d’identifier rapidement des difficultés majeures des acteurs des filières et de faciliter la recherche de solution, notamment : la réouverture des pépinières, l’approvisionnement de certaines marchandises (emballages, aliments,…), la gestion de la pêche et la pénurie de main d’œuvre pour la récolte des fruits et légumes.

L’absentéisme et la mise en place de mesures préventives de de protection (équipements de protection individuels (EPI) , gants, masques, gel, séparation…) ont fortement impactés les entreprises de transformation durant les 2 premières vagues du COVID. Les laiteries ont été impactées par l’absentéisme des employés en charge de la récolte du lait et les abattoirs ont connus des taux de contamination plus difficiles à gérer en regard de la proximité entre les employés.

  • Ensuite, divers impacts positifs liés à l’augmentation de la consommation à domicile :

Les mesures imposées par la crise COVID ont aussi générés des impacts positifs pour les producteurs et notamment :

– le boom pour la consommation de produits locaux et pour les circuits courts engendré par le télétravail et le déplacement de la consommation hors domicile vers la cuisine à domicile. Ce phénomène a provoqué un boost de 70 à 80%  de fréquentation lors du premier confinement, notamment vers les produits bio, mais cet engouement est retombé de façon importante : maximum de 10% de clients supplémentaires. La demande sur certains produits locaux a été nettement supérieure à l’offre : farine, œufs, certains légumes. Il semble par contre que la fermeture de l’Horeca ait engendré une diminution estimée à 20 % de la consommation de fromages locaux.

– une évolution des flux matières et de la valeur dans les filières viandes avec une demande plus grande de produits plus « nobles » liées à la plus grande disponibilité à cuisiner à domicile. On a notamment assisté à une augmentation de 14% du prix des taurillons.

– globalement et tous produits confondus, peu d’effets déstructurants des prix GMS malgré les déséquilibres de flux matière pour certains produits. Si la presse à évoqué une augmentation des prix à la consommation durant cette période, on ne ressent pas une forte variation selon le panel de produits de départ suivi hebdomadairement par l’observatoire.

– grâce au maintien de l’ouverture des points de vente et pépinières, la filière horticulture ornementale a pu bénéficier d’un effet positif du covid. Il semblerait que le belge, vu l’obligation de rester chez soi, s’est recentré sur le jardinage et a bien utilisé l’offre de système dynamique de livraison mis en place durant les périodes de fermeture. Cela à généré des ruptures de stock pour certains arbres fruitiers ou certains plants. Seule la filière du sapin de Noël a connu de fortes frayeurs avec la fermeture du marché français (lock down), marché principal de la Belgique.

  • Des impacts négatifs liés aux diminutions d’exports et aux produits moins consommés

Les perturbations de capacités d’exportation et les évolutions de flux matières liées aux mesures imposées par la crise COVID ont générés des stocks importants non valorisés sur les produits qui sont le plus exportés et ceux qui sont moins consommés.

Cette situation a généré des chutes importantes de prix pour la pomme de terre, le porc et la volaille standards. La situation de ces 2 dernières filières s’est encore aggravée suite à l’influence de la PPA et de la grippe aviaire.

En début de crise COVID, la volaille standard était à 0,83€/kg pour passer à un prix de 0,60€/kg, au plus bas en semaine 44-45. En porc, on était à 1,38€/kg et on est arrivé à 0,78€/kg en semaine 53.

En lait, on est passé de 35,40€/100 litres en janvier 2020 à un prix de 30,40€ en aout 2020 pour remonter à 34,90€ en mars 2021. L’impact de la crise a été plus marqué sur  la poudre de lait ( de 310,06€ en semaine 1 à  255,57€ en semaine 15).

On estime à 30% le nombre de brasseries ayant dû cesser leurs activités suite à la fermeture de l’horeca. Pour les brasseries toujours ouvertes, les ventes ont été réduites de 60 à 90%. Les brasseurs dont le CA directement en lien avec l’événementiel ont connus le plus de difficulté alors que celles qui sont orientés vers la vente directe, les magasins de proximité, les circuits courts s’en sont mieux sortis.

  • Des secteurs modérément touchés par le COVID

Le prix des céréales est resté globalement très bons pour le producteur (ex : froment 225 €T , escourgeon 221 mais à 249€/T). Par contre de nombreux producteurs avaient déjà vendus une bonne partie de leur stock et n’ont pas profités pleinement de ces bons prix.

Après la forte croissance des marchés céréaliers observée en janvier-février 2021, on constate un essoufflement de la tendance haussière durant le mois de mars. En ce qui concerne les protéagineux (MATIF), le cours du colza était de 523€/T au 24 mars 2021 soit une augmentation de 8% en 1 mois et de 34% en 1 an.

  • Parallèlement, des effets collatéraux impactant 

La sécheresse du printemps 2020 cumulée à l’augmentation de prix sur les marchés mondiaux (céréales, soja,…) ont influencés de manière notable le coût de l’alimentation animale (fourrage et protéines végétales). Le prix des matières première a été un problème majeur, leur disponibilité en a été un autre Cette situation a aggravé la situation en porc et volaille (augmentation de 15 à 20 % du coût de l’alimentation) et à diminué l’intérêt de l’augmentation du prix carcasse en bovins (augmentation de l’index simplifié (index composite) de la viande bovine de +10%).

Le Brexit a généré beaucoup de craintes qui, en définitives, ont moins d’impact que les projections car les règlementations ne sont pas encore d’application. Les craintes concernent notamment le lait, la viande bovine et la volaille. En ovin, la diminution des volumes importés UK à cause de modalités administratives pourrait avoir à terme une répercussion positive.

La demande importante en fruits et légumes pendant le confinement à générer des anticipations de la part de maraîchers qui, avec la réouverture de la circulation des personnes, a engendré une surproduction qui n’a pas su être valorisée. Ces impacts sont difficilement chiffrables. Cette situation a souligné l’importance de la question de structuration, d’organisation logistique pour la filière des fruits et légumes sur le marché du frais.

A propos

Les éléments présentés dans le document sont établis sur base

  1. d’échanges avec des membres du Collège des Producteurs et des Commissions Filières
  2. de points d’attention spécifiques au bio établis en partenariat avec Biowallonie.

Il s’agit d’un travail non exhaustif faisant ressortir les éléments essentiels des préoccupations et perceptions des acteurs.

Méthodologie

L’objectif de ce rapport est de détecter les évolutions principalement au niveau des prix et de l’approvisionnement et d’identifier les préoccupations du secteur.

Une note est remise au Ministre chaque semaine à partir du 1er avril. Un rapport synthétique hebdomadaire est également publié.

Les différents acteurs des filières sont consultés par les chargés de missions du Collège des Producteurs.

Au niveau des fermes, les éléments à identifier pour tous vos produits (lait, bêtes maigres, bêtes grasses, produits transformés etc.) sont les suivants :

  • Evolution des prix
  • Evolution des quantités vendues
  • Problèmes / préoccupations par rapport aux débouchés et circuits de commercialisation
  • Problèmes / préoccupations par rapport à la collecte (normes sanitaires, restriction des quantités produites, …)
  • Préoccupations par rapport au fonctionnement de la ferme (approvisionnement, …).

Sources

Un ensemble d’opérateurs se mobilisent pour donner une visibilité représentative de leur secteur. Ils sont les partenaires privilégiés du Collège des Producteurs au travers l’animation de nos Commissions Filières.

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