Observatoire des filières agricoles – Octobre 2026

Points globaux transversaux

  • Plusieurs inquiétudes sont remontées à l’occasion de cette note :
    • Fermeture de l’abattoir d’Ath qui se prolonge, mettant en difficulté les éleveurs en circuits courts.
    • Fourrages pour la consommation hivernale des ruminants déjà entamés.
    • Augmentation des coûts de production : prix des aliments pour animaux, engrais, carburants, énergie, emballages, taux d’intérêt…
  • Simplification du règlement UE sur l’agriculture biologique : le Parlement européen et le Conseil des ministres de l’UE ont validé le 20 octobre dernier un accord provisoire sur la mise à jour du règlement. Parmi les points importants, sont cités :
    • Les règles de production équivalentes à celles de l’UE, qui permettront aux produits bio des pays tiers de continuer à être commercialisés sous l’appellation « bio » et de pouvoir utiliser le logo du pays d’origine.
    • La prolongation de 10 ans, jusqu’au 31 décembre 2036, de la reconnaissance des accords d’équivalence avec 11 pays tiers.
    • Des seuils d’exemption de la certification aux petits détaillants qui augmentent, en passant de 20 000 à 40 000 euros de chiffre d’affaires annuel et de 5 000 à 10 000 kg de volumes vendus annuellement.

Les prochaines étapes sont l’entérinement de l’accord provisoire par le Parlement européen et le Conseil, avant la publication officielle au Journal officiel de l’UE (source : Les Marchés).

Synthèse des points d’attention du mois

Filière grandes cultures

  • À situation inchangée, il n’est pas inconcevable de s’attendre à une augmentation importante du prix des engrais, aujourd’hui autour de 450 €/T, à 500 €/T pour les mois de novembre/décembre.
  • Les dégâts de sangliers sont de plus en plus importants dans les cultures de maïs.
  • La campagne betteravière met en évidence une grande disparité dans les récoltes. Les rendements racines sont moins bons qu’escomptés pour bon nombre de producteurs. La situation est similaire en chicorée.

Filière pomme de terre

  • Les arrachages avancent bon train grâce aux récentes pluies et près de 75 % des surfaces belges ont été récoltées.
  • Les rendements belges sont inférieurs à ceux de certains pays voisins avec une forte disparité entre la Flandre et la Wallonie. Les rendements flamands sont faibles mais corrects, tandis que les rendements wallons sont particulièrement bas en moyenne (inférieurs à 35 T/ha). Couplés avec de faibles calibres, les faibles rendements amèneront à une récolte historiquement basse.
  • Très peu de transactions sur le marché du libre. Les usines couvrent leurs besoins avec leurs contrats et les producteurs préfèrent stocker pour assurer les livraisons contractées également. Les prix en Fontane oscillent entre 20 et 22,5 €/q.

Filière laitière

  • La production laitière wallonne du mois d’août 2026 est de 113 millions de litres. Elle est supérieure de +4,8 % à celle du mois d’août 2025. La production laitière belge du mois d’août 2026 est supérieure de +4,7 % à la production du mois d’août 2025 et s’élève à 382 millions de litres.
  • Le prix moyen du lait conventionnel aux producteurs belges en août 2026 est de 40,2 €/100 litres. Le prix a augmenté de +4,1 % par rapport au mois précédent (38,6 €/100 L). Ce prix est inférieur à la moyenne européenne qui est de 42,8 €/100 litres en août 2026 et est inférieur de 24 % à celui du mois d’août 2025 (soit -12,6 €/100 L de lait). Le prix moyen du lait bio aux producteurs belges en août 2026 est de 56,4 €/100 litres. Le prix a augmenté de +2,5 % par rapport au mois précédent (55,1 €/100 L).
  • Malgré un été marqué par les fortes chaleurs et la sécheresse, la production laitière belge s’est maintenue à un niveau supérieur à l’année passée, mais les déficits fourragers font peser des risques sur la production de fin de l’année et du début de 2027. Dans le même temps, le prix du lait reste inférieur à son niveau de 2025 et les charges continuent de progresser.

Filière viande bovine

  • Le prix des taurillons culards est stable ces dernières semaines. Le prix pour les taurillons AS2 s’établissait en semaine 42 à 8,55 € selon la mercuriale officielle.
  • Pour les vaches culardes, les prix sont aussi stables. En semaine 42, les prix ont atteint 9,25 € pour les S2 et 9,06 € pour les E2.
  • La disponibilité des animaux est bonne.
  • Le prix des vaches laitières s’est stabilisé après une forte baisse durant l’été.
  • Pour les veaux de boucherie, le prix carcasse est en forte hausse pour atteindre 8,83 €/kg carcasse.
  • Statbel mesurait en septembre une stabilité à 1 an du prix de la viande bovine au consommateur (baisse de 0,2 %).
  • L’indicateur de rentabilité conjoncturelle des naisseurs-engraisseurs a été actualisé pour le mois d’août. Durant l’été, le ratio revenus sur coûts (avec coûts imputés) a diminué pour atteindre 1,05. Le SPF mesure aussi un indicateur pour les naisseurs-éleveurs. Sa valeur est redescendue durant l’été pour atteindre 0,69.
  • Les abattages dans les abattoirs wallons ont été relativement soutenus durant l’été et ont bien repris à la rentrée. Les abattages belges sur les 7 premiers mois de l’année ont augmenté de 2,5 % en poids abattus.
  • Après une forte diminution observée en mai 2025, le cheptel bovin semble connaître une légère reprise en Belgique. Le nombre de vaches laitières (+1,9 %) et de vaches allaitantes (+2,1 %) a progressé.
  • Le contexte économique a pesé sur les achats de viande bovine ces derniers mois. Une reprise des ventes a cependant été observée en septembre et octobre.

Filière avicole

  • Poulet : en standard, baisse significative du prix du marché entre la mi-septembre et la mi-octobre (-7 cents pour atteindre 1,11 €/kg sur Deinze en semaine 43). Un signal d’alarme est tiré pour limiter les volumes arrivant sur le marché, même à l’international, selon les analyses de la Rabobank. Que ce soit en conventionnel ou différencié, des inquiétudes remontent également sur l’augmentation des coûts de production, sur chaque maillon de la filière.
  • Œufs : mi-octobre, prix à la hausse en conventionnel (10,63 cents pour les œufs bruns en semaine 42) et stabilisé depuis 3 semaines en œufs au sol (12,98 cents en œufs bruns en semaine 42).

Filière porcine

  • Depuis la dernière note, le marché porcin continue à être sous pression avec des prix du porcelet en diminution. Le retour de températures plus fraîches favorise la croissance des porcs et la remontée des poids de carcasse, ce qui améliore progressivement les disponibilités. Cependant, la demande en viande reste peu dynamique et les difficultés à l’exportation accentuent la pression sur les cours.
  • Le prix du porcelet est passé de 22 € en semaine 38 à 19 € en semaine 43. Ces diminutions inquiètent fortement le secteur. Chaque porcelet vendu se traduit par une perte pour le producteur !
  • Le prix du porc gras reste stable depuis la semaine 38, sa cotation est de 1,3 euro en semaine 43.
  • La fermeture de l’abattoir d’Ath se poursuit et il ne semble pas y avoir de réouverture prévue prochainement. Les utilisateurs de l’outil sont de plus en plus inquiets.

Filière ovine et caprine

  • L’été a été compliqué pour les éleveurs : consommation en berne lors des fortes chaleurs, animaux qui ne grossissaient plus très bien à l’engraissement, surmortalité constatée, perte de production laitière, stocks hivernaux de fourrages bien entamés.
  • Les prix sont stables en filières structurées et chez les chevillards, en forte baisse en vente aux particuliers.
    • Les filières « structurées » maintiennent, dans la plupart des cas, des prix stables. Certaines situations font toutefois apparaître des écarts de prix pouvant atteindre 30 % (soit de 7 à 10 €/kg) au sein d’un même chargement. Les filières de chevillards sont stables dans leurs prix (entre 7 et 9 €/kg). Les prix dans les filières de vente aux particuliers ont très fortement baissé, vu un afflux important d’animaux, jusqu’à 2,5 €/kg vif (entre 2,5 et 4,5 €/kg vif). Des prix de 3 à 4 €/kg vif sont la norme en ce moment. C’est la problématique de la saisonnalité de la production d’agneaux.
  • Les abattages sont le gros point noir de la filière. Les incertitudes sur certains abattoirs sont devenues réalité. L’abattoir d’Ath est actuellement fermé et représente 60 % des abattages d’ovins en Belgique. La fermeture dans plusieurs mois de l’abattoir de Bruxelles et la reprise de l’abattoir d’Aubel sans garanties sur le maintien des ovins par le repreneur sont des incertitudes existentielles pour l’élevage ovin wallon.
    • Ouverture le 2 novembre de l’abattoir de Kortenaken qui peut représenter un soulagement sur les abattages ovins.
  • La naissance de 31 louveteaux, la multiplication des zones de présence permanente (ZPP) et l’augmentation rapide du nombre d’attaques et de leur intensité ramènent encore une nouvelle source cruciale d’incertitude dans le secteur. Cela pourrait mettre à mal des années de développement de la filière ovine sur notre territoire.
  • La demande en lait de chèvre de la part des laiteries reste soutenue. Les prix ont été revalorisés a posteriori pour les volumes de 2025 et, a priori, ils vont rester stables pour l’année 2026. Du côté des producteurs-transformateurs, les premiers tarissements arrivent. La fin de la période de production se profile dans les quelques semaines à venir.
  • Le secteur ovin s’est redressé en 2025 après l’épisode de FCO de 2024, sans toutefois avoir retrouvé ses niveaux de production antérieurs, notamment en nombre de brebis présentes sur le territoire avant la crise de l’automne 2024.

Filière horticulture comestible

  • Pommes et poires : prix des pommes et poires en légère augmentation. On observe une moyenne de 0,45 €/kg pour les poires (ce qui est toujours trop bas par rapport aux coûts de production) et 0,65 €/kg pour les pommes, ce qui est correct, mais ne permet toujours pas de garantir la rentabilité de l’exploitation.
  • Légumes : le calendrier des récoltes est fortement perturbé par le climat doux. Les légumes d’hiver n’entrent pas en dormance et cela impactera la disponibilité au cours de l’hiver.
  • Intrants : les prix des intrants (carburants, engrais) s’envolent et provoquent une forte inquiétude chez les producteurs. Des rumeurs d’interruption de livraison de diesel poussent certains producteurs à faire des stocks, quitte à payer le prix fort.
  • Vigne : l’année est belle pour les vignerons wallons, malgré les craintes estivales liées aux fortes chaleurs. Les vendanges sont terminées et la vinification touche à sa fin. La hausse des prix des intrants inquiète certains producteurs qui considèrent le passage en bio.

Filière horticulture ornementale

  • Fleurs coupées : les températures douces ont permis un regain de production, après un été très chaud, et les plantations tardives de fin août compensent en partie les difficultés. La crise économique pèse toutefois sur les achats des consommateurs.
  • Chrysanthèmes et bisannuelles : l’offre inférieure à la demande fait monter les prix des chrysanthèmes à un niveau plus juste pour les producteurs. Les plantes bisannuelles à l’opposé souffrent d’une demande faible et de prix trop bas.
  • Pépinières, cultures en pot et en plein champ : en pot, les clients viennent plus tôt réaménager leur jardin avec des variétés plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse. En plein champ, l’arrachage et la mise en jauge démarrent tard.
  • Pépinière forestière : les pépiniéristes engagés dans la charte « Végétal d’ici » bénéficient d’un engouement des communes pour les plants d’ici à l’occasion de la journée de l’arbre.
  • Sapins de Noël : la préparation de la saison se passe bien, avec un marquage des sapins déjà bien entamé. La reconnaissance des pertes des repiquages cet été par le fonds des calamités reste cependant difficile.

Filière aquaculture

  • Débit d’eau : déficit persistant de 69 % par rapport à la moyenne des 29 dernières années.
  • Conditions d’élevage : températures saisonnières normales, mais vigilance accrue face aux obstructions des arrivées d’eau par les débris végétaux, aggravées par les faibles débits.
  • Marché de la truite : hausse des coûts de production (+15 % pour les aliments), pression sur le pouvoir d’achat et recul marqué des ventes en terroir (-21 %), chez les franchisés (-23 %) et en HORECA (-43 %), malgré une progression chez les grossistes (+17 %) et les distributeurs (+2 %).
  • Prédation et nuisibles : faible présence des hérons et cormorans, susceptible d’augmenter avec le froid ; balbuzard en migration, mais présence importante de ragondins et de castors occasionnant des dégâts aux infrastructures piscicoles.

Filière bio

  • Hausse des coûts de production (mécanisation et transport), liée aux prix des carburants, mais pas d’augmentation du prix d’achat aux producteurs.
  • Crainte d’une envolée des prix de vente bio en magasin et d’un recours vers les produits les moins chers cet hiver avec la hausse du prix du carburant.
  • Tension sur les stocks de fourrages pour cet hiver.

Secteur de la transformation et de la commercialisation en circuit court

  • Inquiétudes persistantes et adaptations nécessaires pour tous les éleveurs qui réalisaient les abattages de leurs animaux à l’abattoir d’Ath. Tout projet de valorisation de la viande dépend de l’accessibilité à un abattoir.
  • L’élargissement de la gamme de produits proposés dans les magasins à la ferme se présente à chaque fois comme une solution pour augmenter les ventes, que celles-ci servent à compenser la baisse des ventes ou à développer un projet déjà solide.

Les prix GMS

Sources : Statbel, panier Test-Achats, relevé des prix dans trois enseignes par le Collège des Producteurs.

Chiffres de l’inflation

  • Données de Statbel (septembre) :
    • L’inflation globale s’est élevée à 4,69 % au mois de septembre (3,97 % en août) et l’inflation des produits alimentaires, y compris les boissons alcoolisées, à -0,28 % en septembre (0,36 % en août).
    • Le groupe « Alimentation et boissons non alcoolisées » a à nouveau exercé le plus gros impact négatif sur l’inflation.
    • La viande a eu un effet baissier sur l’indice. À la baisse également au niveau alimentaire : les fruits frais (-7,2 %), les céréales (-7,2 %) et les légumes à fruits (-6,5 %).
    • Le groupe « Logement, eau et énergie » est le groupe principal avec le plus gros impact positif sur l’inflation.
  • Panier Test-Achats (septembre) : l’inflation du panier Test-Achats dans les supermarchés belges est négative et s’élève à -0,50 % (contre -0,56 % en août), mais les courses restent en moyenne 30,3 % plus chères qu’en janvier 2022.

Évolution des prix dans les trois GMS suivies par SOCOPRO

Les trois grandes et moyennes surfaces (GMS) dont les prix sont collectés par SOCOPRO présentent les évolutions suivantes :

Catégorie Du 17/06/26 au 14/09/26 Du 14/09/26 au 17/10/26
Bœuf -0,79 % +0,04 %
Porc -0,8 % +1,03 %
Volaille +0,29 % -0,87 %
Œufs -4,96 % +2,45 %
Lait 0 % -0,08 %
Beurre -1,29 % 0 %
Fromage 0 % +0,21 %
Truite +3,11 % 0 %
Pommes de terre +4,71 % +0,07 %
Légumes +5,84 % +1,87 %
Fruits -0,17 % +1,37 %
Céréales et secs +1,10 % 0 %
Bières -1,86 % +2,21 %

Pour le relevé de la mi-septembre à la mi-octobre, les hausses les plus marquées concernent les œufs et la bière, suivis par les légumes, les fruits et la viande de porc.

Documents :

Pour obtenir la note complète en PDF,
envoyez un email à info.socopro@collegedesproducteurs.be

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