En Belgique ce sont 282 000 ha de céréales (maïs compris) qui sont cultivées dans nos campagnes en 2024. 60% de ces céréales sont situées en Région Wallonne, soit près de 170 000 ha. Il est considéré que seules 10% d’entre elles sont valorisées pour l’alimentation humaine.
Ceci peut paraitre étonnant sachant que la Belgique compte sur son sol de grandes entreprises actives dans la transformation céréalière.
La meunerie est le secteur de transformation qui, suite à l’écrasement des céréales, produira de la farine. Cette farine, selon ses caractéristiques technologiques sera apte à une utilisation en boulangerie, pâtisserie, biscuiterie, pâte à pizza, etc…
Les moulins belges broyaient en 2024, près d’un 1.250.000 tonnes de blés. Si tous ces blés étaient cultivés en Belgique, en considérant un rendement moyen de 6t/ha, ils recouvriraient près de 208.000 ha. En faisant le même exercice avec la malterie, on peut ajouter à cet exercice théorique 219 000 ha d’orges brassicoles. On réalise vite que la marge de progression est importante.
Pourquoi si peu ?
La majorité des blés et orges utilisés pour approvisionner les moulins, malteries et semoulerie belges proviennent donc d’ailleurs. Différentes raisons expliquent la faible proportion de transformation alimentaire céréalière à destination humaine. Parmi elles citons les suivantes :
- D’importantes sociétés de production de biocarburant, amidon et gluten présentes sur les sol wallon.
- Les filières wallonnes sont d’avantages axées sur la production de céréales fourragères.
- Les économies d’échelles des exploitations céréalières françaises, allemandes contribuent à les rendre plus compétitives.
- Le port d’Anvers fait partie des plaques tournantes du commerce céréalier. Les céréales sont facilement importables.
- Des coûts de productions élevés pour les agriculteurs (notamment dû au prix du foncier).
- L’absence de critère qualitatif clair pour les céréales belge (dans les barèmes FEGRA)
- Le manque généralisé d’équipement de tri dans les zones de stockage.
- La méconnaissance des transformateurs finaux (boulangers, brasseurs, …) sur l’origine de leurs matières premières
Quid pour la suite ?
En parallèle des points bloquant mentionnés ci-dessus, sur lesquels les acteurs des filières travaillent pour redynamiser la filière, on peut citer différentes initiatives :
- Initiatives filières
- La mise en place d’un prix juste pour les producteurs et de contrats spécifiques.
- La création de plateforme d’échange entre producteurs-transformateurs
- La diffusion d’une cartographie des moulins wallons pour encourager un approvisionnement et des échanges en local.
- Le suivi et l’appui personnalisé par des structures d’encadrement comme le Collège des Producteurs, Diversiferm, Biowallonie, Agri-Innovation, etc.
- Recherche agronomique et technologique :
- La vulgarisation et diffusion des projets de recherches menés sur la question, à l’instar du projet du CRA-W « ValCerWal ».
- La mise en place d’un projet de recherche visant à produire des blés panifiables et blés dur « bas intrants ».
- Partage d’information et de contenu :
- Le podcast « le pain qu’on sème » de Lou Chaussebourg et Noémie Maughan dresse un panorama de la filière panifiable en Belgique.
- Le Plan Stratégique de développement de la filière céréalière
- CELAGRI MAG, pour en savoir plus, sur l’étiquetage notamment : https://www.celagri.be/du-champ-au-moulin-pourquoi-les-cereales-locales-peinent-a-entrer-dans-lalimentation-humaine/


