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Suite à une demande des producteurs qui représentent le secteur horticole, le Collège des Producteurs et son équipe opérationnelle, ont organisé une soirée d’information portant sur la main d’œuvre en agriculture. C’est ainsi que le 14 mars, une cinquantaine de producteurs sont venus s’informer à Wierde.

La réunion a mis en lumière les enjeux cruciaux liés à la main-d’œuvre dans le secteur agricole, soulignant que cette problématique traverse aussi l’ensemble des métiers dits en pénurie. Les raisons d’un manque de main d’œuvre sont multiples en agriculture.

Manque de main d’œuvre : des raisons multiples

Pierre-Frédéric Nyst, Président de l’UCM, organisation représentative des entrepreneurs francophones, a pointé du doigt des obstacles globaux, notamment la fiscalité, l’attractivité du système chômage, la mobilité, la garde d’enfants,… témoignant de la difficulté actuelle pour les employeurs, tous secteurs confondus, de trouver de la main d’œuvre.

D’autant plus qu’un phénomène plus global et générationnel viendrait ajouter de la difficulté : dans notre société actuelle, on assisterait à une tendance vers une perte d’adhésion à la valeur « travail ». Les jeunes ne perçoivent plus aujourd’hui l’intérêt de devoir travailler… Le contrat social n’est plus compris. Le travailleur fait valoir ses droits mais oublie qu’il a aussi des devoirs.

Ce constat est d’autant plus fort pour ce qui concerne les recrutements saisonniers en agriculture et en horticulture, qui par défaut n’offrent pas des salaires très intéressants, et sont réputés pour la pénibilité des tâches et la difficulté des horaires.

Afin de mieux objectiver la pénurie de main d’œuvre dans le secteur, les producteurs sont encouragés à publier leurs besoins de main d’œuvre via « Forem.be ». C’est en effet via les offres d’emploi publiées sur son site que le FOREM établit cette liste de métiers en pénurie. On parle de 120 métiers en pénurie mais la réalité est donc sûrement plus élevée.

Dans ce contexte, le Président de l’UCM a également passé en revue des solutions pragmatiques telles que :

  • Le recours aux flexi-jobs mais qui est difficilement applicable en agriculture et en horticulture car ils ne peuvent pas être appliqué à de la production  mais uniquement pour des activités qui ne relèvent pas de la production (vente directe sur l’exploitation, transformation,…) ;
  • Le travail étudiant : il est intéressant car c’est une main d’œuvre peu onéreuse. Le souci réside dans le plafonnement des heures de travail autorisée. Si ce plafond est dépassé, le risque est une « punition » fiscale sur les allocations de l’étudiant.
  • Le passage par des sociétés étrangères : pour de la facturation la pratique est autorisée mais attention à ne pas être un « bureau de placement » (illégal).
  • La réinsertion professionnelle : Il existe un nombre important de malades longues durées. Leur proposer un parcours de réintégration professionnel via des travaux agricoles peut être une solution à creuser.

Statuts spécifiques à l’horticulture comestible et à l’emploi des saisonniers

Claude Vanhemelen, Secrétaire Générale de la Fédération Wallonne Horticole (FWH), a quant à elle mis en exergue les spécificités du secteur horticole qui doit faire appel à une main d’œuvre importante surtout lors des pics d’activités saisonniers.

On considère le besoin dans la filière de 10 équivalents saisonniers pour 1 travailleur régulier. Elle souligné les améliorations récentes en faveur de l’emploi saisonnier, permettant aux exploitations horticoles d’engager des travailleurs saisonniers avec un maximum de 100 jours par an (65 jours via interim). Elle a également mis en exergue les frustrations des producteurs face aux obstacles bureaucratiques (multidimona, gestion papier et informatique double, …) et financiers (coût du secrétariat social non adapté au nombre de jours effectifs de travail).

Cette gestion problématique notamment pour le travailleur belge, invite les producteurs à favoriser une gestion externalisée avec des société intérimaires avec des travailleurs étrangers. Enfin les travailleurs saisonniers hors Europe sont possibles à condition que le producteur puisse prouver qu’il.elle n’a pas su trouver main d’oeuvre plus proche. Les travailleurs hors Europe, eux aussi viennent avec des complexités spécifiques (gestion ONSS et montants de gestion plus élevés).

En conclusion, cette réunion a mis en évidence les multiples défis auxquels est confronté le secteur agricole en matière de main-d’œuvre, tout en soulignant l’importance des interventions concertées pour trouver des solutions viables. Il est clair que cette problématique ne concerne pas seulement l’agriculture mais est transversale à de nombreux secteurs, nécessitant une approche globale et des actions concertées pour relever ces défis.

Exemples inspirants pour trouver de la main d’œuvre

*Groupement d’employeurs de la coopérative Paysans Artisans : Valentine, une agricultrice laitière, a pu partager son expérience positive avec un groupement d’employeurs développé par la coopérative Paysans-Artisans : un système souple qui permet de faciliter l’embauche et la gestion de la main-d’œuvre régulière, sans souci administratif pour le producteur ; mais par contre, l’obligation de devoir « partager » la main d’œuvre entre les producteurs-membres, et pour l’employé, le fait de devoir s’acclimater de différentes façons de travailler des producteurs et des secteurs de production.

https://odoo.paysans-artisans.be/page/groupement-d-employeurs-paysans-artisans

*Potironnerie et l’asbl Time For Society : la mise à disposition pour le producteur, de bénévoles, qui viennent pour des teambuildings organisés par des entreprises ; versus l’octroi de dons en produits, à des associations caritatives, pour une valeur égalant minimum la force humaine de bénévoles. https://time4society.com/fr/teambuildings-sociaux

*Solution win-win : Quentin et Julien, les 2 fondateurs de The Barn se sont inspirés de la politique d’emploi de leur précédent employeur, en développant une stratégie fortement axée sur les employé.ées. Il est important pour le magasin en effet que leurs employés puissent être des ambassadeurs du producteur associé au magasin. La société offre chaque année 2 journées de travail en champs à leurs producteurs en associant leurs employés dans la démarche. Ceci soutient le producteur dans sa gestion de main d’œuvre en haute saison et permet au magasin de se doter de magasiniers conscients et capables de formuler les problématiques que vit l’agriculteur auprès du consommateur.

Plus d’infos

Le Collège des Producteurs