Skip to main content
search

Le 1er décembre 2025, nos chargés de mission bio et horticulture comestible ont participé au salon international Natexpo, afin de rester à la pointe des tendances et innovations de la filière biologique. Ce salon, point de rendez-vous majeur de la filière biologique en France et à l’international, allie échanges, innovations, découvertes, contenu de haut niveau et rencontres professionnelles.

Réenchanter le rayon F&L bio : comment créer du désir et du trafic en magasin (Chloé Roberge)

Chloé Roberge a présenté 7 focus clés pour optimiser les ventes du rayon fruits et légumes bio, en combinant techniques de gestion, merchandising et expérience client.

Gestion quotidienne du rayon : Vérifier le rayon toutes les heures, retirer les produits abîmés et limiter les volumes pour éviter le mûrissement prématuré. Les légumes verts et feuillus doivent être rentrés chaque soir et régulièrement aérés, tandis que certains produits comme épinards ou fraises ne doivent pas dépasser une journée en rayon. La valorisation des produits abîmés (têtes d’asperges, blancs de poireaux) permet de limiter le gaspillage tout en augmentant le prix au kilo.
Construction du rayon : Séparer fruits et légumes, proposer trois niveaux de prix et mettre en avant les produits de saison. Regrouper les produits par famille culinaire et valoriser les légumes oubliés (rutabaga, topinambour) avec recettes ou packs pour stimuler l’achat.
Prix, promotions et ventes : Déclencher rapidement les promotions, créer des paniers ou packs « anti-gaspi » et utiliser la fresh découpe pour récupérer la casse. Mettre en avant la qualité et le premium pour justifier les prix, et planifier les promotions 2 à 3 semaines à l’avance.
Merchandising et visibilité : Réagencer le rayon matin et soir, multiplier la visibilité et placer les petites quantités dans des corbeilles pour attirer l’œil et libérer de l’espace.
Positionnement du bio en rayon : Placer les produits bio à côté de leur équivalent conventionnel pour faciliter la comparaison et favoriser l’achat. La gestion du vrac reste un avantage pour les magasins spécialisés.
Expérience client : Créer un rayon beau, agréable et coloré, avec des herbes et éléments visuels pour prolonger le temps passé par le client et stimuler l’achat.
Mise en avant des nouveautés : Multiplier les points de visibilité, organiser dégustations et animations avec les producteurs, créer du storytelling et planifier des opérations hebdomadaires pour animer le rayon et susciter le désir.

Grâce à ces 7 leviers, il est possible de maximiser l’attractivité, la rentabilité et la fidélisation, tout en réduisant le gaspillage et en renforçant l’expérience client dans le rayon fruits et légumes bio.

Consommation bio : le retour à la croissance ne dit pas tout (Bernard Ollié)

B. Ollié a montré que, malgré la crise, le secteur repart à la hausse, principalement grâce aux magasins spécialisés, tandis que les GMS stagnent, avec une part de marché bio maintenue sous les 50 %. Cette croissance est notamment due à des facteurs externes tels que la réduction de l’offre bio en GMS  et l’inflation sur les fruits et légumes conventionnels, rendant le bio plus compétitif ; et des facteurs internes aux magasins spécialisés, tels que les efforts sur les prix et le renforcement du local, représentant 71 % du CA du secteur. Selon lui, les segments porteurs sont les fruits et légumes en vrac et l’épicerie sucrée et salée, empreintes à l’innovation, alors que cosmétiques et compléments alimentaires reculent.

Les seniors, l’alimentation et la consommation bio (Fabien Foulon)

F. Foulon a présenté au cours de son intervention, le potentiel du public senior, encore sous-exploité, pour développer le marché bio. Il a rappelé que les seniors sont (de plus en plus) nombreux, disposent d’un pouvoir d’achat élevé et d’un fort intérêt pour une alimentation saine, et consacrent une part importante (environ 30 %) de leur budget à l’alimentation. Pour mieux les toucher, il recommande notamment d’adapter l’offre bio avec des produits associés aux principales « problématiques santé » (cholestérol, tension, articulations) , de les lier au plaisir (vin, charcuterie, fromage), de créer des zones marché avec un accompagnement en magasin et de renforcer la transparence des labels et de l’origine des produits. Tout en utilisant des canaux de communication dédiés et adaptés à la cible senior.

Renforcement du cadre européen contre le greenwashing : challenges & opportunités pour les marques engagées (Pauline Raffaitin)

P. Raffaitin a présenté la nouvelle directive 2024/825 affirmant que chaque label devra obligatoirement reposer sur un système de certification et de contrôle clairement établi pour renforcer la confiance du consommateur et éviter les pratiques commerciales trompeuses. Les entreprises devront désormais fournir des preuves pour toutes allégations environnementales reprises au sein d’un label. En Allemagne, le label bio a été jugé comme conforme à cette directive. Les autres états devront l’évaluer.

Belgique : le marché du bio connaît-il un nouveau « vent » ? (Mélanie Longin)

Enfin, les retours de terrain recueillis par M. Longin affirment que le secteur bio connaît une croissance douce, nécessitant un fort besoin d’innovation pour soutenir cette progression. Elle a souligné le rôle moteur de la vente en vrac pour le développement du bio local. Environ 25 % des magasins spécialisés semblent toujours en difficulté.

Cette immersion à Natexpo permet à nos chargés de mission de recueillir des informations utiles pour accompagner les parties prenantes des filières en Wallonie, voire identifier des opportunités d’innovation et de développement.

Camille Joubert — Chargée de mission Agriculture Bio – Filières
Email / Publications