Filières agricoles wallonnes : pourquoi, pour qui encore produire en Wallonie ?
Quelques points de réflexion relevés par Emmanuel Grosjean, coordinateur du Collège des Producteurs
L’exposé de Philippe Ledent nous a montré que le secteur agricole et alimentaire wallon avait de nombreux défis à relever. Il faut être conscients de ces défis et de l’évolution des conditions macro-économiques afin de développer des projets adaptés, tenant compte tant des nouveaux enjeux économiques que des enjeux sociétaux et environnementaux.
Cependant malgré les challenges, il faut rester confiant. Les éléments négatifs peuvent se transformer en éléments positifs à un moment donné. Cela a été le cas pour le secteur de la viande bovine, par exemple, qui a connu un rééquilibrage ente l’offre et la demande et, de ce fait, une amélioration du prix.
Il a également beaucoup été question de la valeur de l’alimentation. Que fait-on face à cette diminution de la part des dépenses alimentaires ? Il existe une grande diversité de points de vue sur cette question et on peut emprunter différentes voies pour donner une valeur ajoutée à notre production :
- À travers la transformation et l’innovation.
- Par la segmentation de marché, c’est-à-dire que l’on se spécialise sur certains marchés ou publics cibles. Philippe Ledent, par exemple, a parlé d’une population vieillissante que consomme en quantité mais aussi en qualité.
- Par la diversification dans le circuit court et la création d’un lien particulier avec le consommateur.
L’approche va être différente en fonction du type de produits. Il semble plus facile de trouver des solutions avec des produits frais où on est plus proche du marché qu’avec des produits secs ou à plus longue conservation pour lesquelles on est beaucoup plus dépendant du marché mondial et d’éventuelles crises sur celui-ci. On a peu de maîtrise à ce niveau.
En définitive, on a beaucoup parlé de l’importance de travailler ensemble pour faire face à tous ces défis : se structurer entre acteurs, entre maillons, pour monter des filières, que ce soit à l’échelle industrielle ou à l’échelle du circuit court, qui soient crédibles au niveau économique mais aussi social et environnemental. Pour cela, il faut bien sûr des idées, mais aussi une vision claire du projet qui permettent de faire preuve de flexibilité pour le réviser et l’ajuster si nécessaire.
Même si ce n’est pas facile, oui, il y a un futur pour des filières agricoles wallonnes.
A propos
Le 18 novembre 2025, le Collège des Producteurs – sous la bannière Celagri – a organisé une après-midi de réflexion autour d’une question centrale :
« Pourquoi, pour qui encore produire en Wallonie ? »
Une centaine de professionnels de l’agriculture, de la transformation, de la recherche, des filières, de l’économie étaient réunis pour réfléchir à l’avenir des filières agricoles wallonnes.


