Claire Vanhoomissen : « Produire une alimentation de qualité, dans le respect de la terre et des cycles naturels »
À 34 ans, Claire Vanhoomissen s’est installée en 2022 à Barvaux-Condroz, sans être issue du monde agricole. À la tête de la Ferme Au Clair de Lait, en conversion vers le bio, elle a construit un modèle à taille humaine où chaque ressource est valorisée : le lait devient fromage, le petit-lait nourrit les porcs et la vente en circuits courts permet de créer davantage de valeur. Lauréate des Jeunes Agriculteurs de Valeur 2026 dans la filière lait, elle nous ouvre les portes de son exploitation.
Économie | « Je transforme tout le lait produit sur la ferme »
Vous avez fait le choix de transformer toute votre production. Pourquoi ?
« Toute la production de lait est transformée en fromages. Cela me permet de créer davantage de valeur et de vendre directement aux consommateurs, sur rendez-vous à la ferme ou via plusieurs points de vente partenaires. »

Vous avez aussi développé d’autres activités…
« Oui. Rien n’est perdu. Le lactosérum issu de la fabrication des fromages nourrit les porcs et nous commercialisons également des colis de viande de porc et de veau. »
Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
« J’aimerais trouver un associé afin de développer de nouvelles activités : fabriquer des yaourts, transformer la viande sur place, participer davantage aux marchés ou encore créer un camping à la ferme. J’envisage aussi d’installer des panneaux photovoltaïques et de planter des haies ainsi que des arbres fruitiers qui serviront notamment à produire des glaces aux fruits. »
Environnement & santé | « Le rythme des animaux suit celui de la nature »
Comment limitez-vous l’impact environnemental de votre exploitation ?
« J’essaie d’être la plus autonome possible. Les vaches profitent au maximum de l’herbe pâturée et des fourrages récoltés sur la ferme. Finalement, nous n’achetons qu’environ 500 kg de céréales par an, en plus des minéraux et des blocs de sel. »
Vous adaptez également votre conduite du troupeau ?
“Les vêlages sont regroupés au printemps, en synchronisation avec la poussée de l’herbe. Les vaches profitent pleinement du pâturage. La moitié de la superficie (15ha) est réservée au pâturage et à la fauche, le reste de la superficie est fauchée. Les fourrages sont analysés afin de donner le meilleur fourrage aux vaches encore en lactation alors que le fourrage de moins bonne qualité est donné aux vaches taries en février et mars avant le vêlage et le retour en prairie.”
Le bien-être animal semble occuper une place importante…
« Les veaux restent avec leur mère le plus longtemps possible avant d’être élevés par des vaches nourrices jusqu’à leur départ. Je veux respecter au maximum les cycles naturels. »
Social | « Il est important d’ouvrir les portes de la ferme »
Vous êtes très active au sein de la profession. Pourquoi ?
« Je suis vice-présidente du Conseil d’administration de la FUGEA. Je pense qu’il est important de s’impliquer pour faire avancer le secteur. »
Vous accueillez aussi régulièrement le public.
« Oui. Les visiteurs peuvent assister à la fabrication des fromages dans l’atelier. Je communique aussi via mon site internet et Facebook. J’aime expliquer mon métier et montrer concrètement comment nous travaillons. »

Travaillez-vous avec d’autres agriculteurs ou structures ?
« Oui, je collabore avec différents acteurs du territoire. Mes produits sont notamment vendus via des points de vente et sur des marchés, qui permettent un contact direct avec les consommateurs. Je travaille également en partenariat avec un autre agriculteur qui réalise la fenaison sur l’exploitation. En échange de ce service, il reçoit la moitié du fourrage récolté. C’est un fonctionnement basé sur l’entraide et la complémentarité entre exploitations. »
Comment résumeriez-vous votre rôle d’agricultrice ?
« Mon but, c’est de produire de l’alimentation pour nourrir la population humaine, mais en faisant cela dans le respect de la terre et en respectant au maximum les cycles naturels. »
Le petit plus | « Une petite ferme où tout est valorisé »
Qu’est-ce qui rend votre exploitation différente ?
« C’est une petite exploitation autonome en fourrages où tout est valorisé. Les vaches ne sont traites qu’une fois par jour, les veaux restent au sein du troupeau, le lait est transformé en fromage, le petit-lait nourrit les porcs et je privilégie autant que possible des matières premières locales, biologiques et équitables. Cette organisation me permet aussi de consacrer davantage de temps à la transformation et à la vente de mes produits. »
A propos de La Ferme au Clair de Lait


