Dans le cadre du concours Agriculteurs de Valeur 2026, le Collège des Producteurs vous présente la lauréate Valentine Jacquemart, à la tête de la Ferme de la Sarthe.
Installée depuis 2017 à la tête de la Ferme de la Sarthe, elle a repris l’exploitation familiale, forte de plus de 40 ans d’histoire, tout en faisant le choix d’une association avec un partenaire hors cadre familial. Une transmission réussie qui illustre de nouvelles façons d’assurer le renouvellement des générations en agriculture.
Présentation de l’exploitation
→ Exploitation familiale de 36 hectares (30 ha de prairies permanentes – 6 ha de cultures et de maraîchage)
→ Agriculture biologique depuis 2017, avec la mention Nature & Progrès
→ 52 bovins laitiers Pie-Rouge croisés Holstein, dont une vingtaine de vaches en production
→ Environ 40 porcs Landrace-Duroc élevés chaque année
→ Transformation fromagère à la ferme, élevage porcin, maraîchage et vente directe
« La diversification permet de rendre la ferme plus autonome et plus résiliente »
Vous avez repris la ferme familiale en 2017. Quel était votre projet ?
Je souhaitais poursuivre l’histoire familiale tout en faisant évoluer l’exploitation. Nous avons développé un système où chaque activité complète les autres : le lait est transformé en fromage, le petit-lait nourrit les porcs, les fourrages et les céréales sont produits sur la ferme et la vente directe nous permet de valoriser notre travail jusqu’au consommateur.
L’objectif est de construire une exploitation capable de créer davantage de valeur tout en restant économiquement solide et transmissible.
En quoi cette diversification renforce-t-elle la viabilité économique de votre exploitation ?
La transformation fromagère et la vente directe nous permettent de récupérer une plus grande part de la valeur ajoutée. Nous complétons également notre magasin avec une sélection de produits bio locaux afin de répondre aux attentes de notre clientèle tout en soutenant d’autres producteurs.
Nous cherchons aussi à gagner en autonomie. Les investissements dans les panneaux photovoltaïques, un forage ou encore la production de nos aliments permettent de mieux maîtriser nos coûts de production.
Enfin, nous réfléchissons déjà à la transmission future de l’exploitation afin qu’elle reste facilement transmissible, notamment grâce au travail mené avec Terre-en-Vue.

« L’agriculture biologique est une manière de penser l’ensemble du système »
L’environnement occupe une place centrale dans votre projet. Comment cela se traduit-il au quotidien ?
Notre ferme est certifiée en agriculture biologique depuis notre installation et bénéficie aussi de la mention Nature & Progrès.
Nous essayons de créer un environnement favorable à la biodiversité grâce aux prairies permanentes, aux haies, aux couverts végétaux, au verger ou encore aux mélanges de cultures. Nous réduisons également notre consommation de plastique en limitant le préfané et en nous passant de silo d’herbe.
Chaque décision est réfléchie dans une logique de cohérence globale.
Le bien-être animal fait également partie de votre approche.
Oui. Nous souhaitons laisser les animaux exprimer leurs comportements naturels.
Les bovins ne sont pas écornés, vivent en stabulation libre durant l’hiver puis retrouvent les pâtures dès le printemps. Les nombreux arbres présents dans les prairies leur procurent de l’ombre en été. Les veaux restent une à deux semaines avec leur mère après leur naissance.
Les porcs disposent quant à eux d’un accès extérieur qui leur permet de fouir le sol.
Cette même philosophie se retrouve dans les produits que nous proposons : fabrication fromagère sans additifs, légumes ultra-frais, absence de pesticides chimiques et recherche permanente de nouveaux goûts en restant proches des attentes des consommateurs.
« Une ferme doit aussi être un lieu de rencontres »
Votre exploitation est particulièrement ouverte sur son territoire.
C’est essentiel pour moi. Nous travaillons avec plusieurs acteurs des circuits courts comme Paysan-Artisans, Agricovert ou Farm for Good ainsi qu’avec de nombreux producteurs voisins.
Nous partageons également du matériel agricole, échangeons nos expériences techniques et cherchons à construire des solutions collectives.
Vous accueillez également beaucoup de visiteurs.
Oui, nous recevons régulièrement des classes, des stagiaires, des journalistes ainsi que différents événements culturels : concerts, spectacles, apéritifs fermiers…
Je pense qu’il est important de montrer la réalité de notre métier et de créer un dialogue direct avec les citoyens.
Les réseaux sociaux constituent également un outil précieux pour rendre notre travail plus visible, tout comme mon engagement en faveur d’une meilleure représentation des femmes et des jeunes en agriculture.
« Continuer à faire évoluer la ferme fait partie du métier »
Quelle est aujourd’hui votre plus grande fierté ?
D’avoir construit une exploitation où chaque activité se complète. Nous poursuivons sans cesse l’amélioration de nos pratiques, notamment avec le pâturage tournant dynamique, tout en développant notre fromagerie, déjà récompensée pour plusieurs de ses produits.
Je suis également fière d’avoir réussi une transmission originale grâce à une association avec une personne hors cadre familial. C’est une piste intéressante pour répondre au défi du renouvellement des générations. Notre ambition est de construire une agriculture performante, profondément ancrée dans son territoire et capable de rester transmissible aux générations futures.
A propos
Ferme de la Sarthe
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Rue de la Sarthe 3 – 5640 Saint-Gérard




