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Janvier 2026

Grippe aviaire – Belgique

En décembre dernier, 2 contaminations de H5N1 ont été déclarées en Flandre occidentale et en France, à 4 km de la frontière belge : 44 000 volailles de reproduction à Veurne et 300 000 volailles à Warhem (France). En janvier, une succession d’infections s’est poursuivie dans la zone réglementée définie de Veurne-Alveringen : 55 000 poulets, 3 500 dindes, 39 000 poules pondeuses et 84 000 poulets de chair, 70 000 poulets de chair, 190 000 poulets de chair, 80 000 poulets de chair (ce 19 janvier !). Un nombre de foyers exceptionnellement élevé sur une courte période est relevé dans cette zone transfrontalière. Une analyse des virus des différents foyers est en cours auprès de Sciensano afin de déterminer s’il existe effectivement une source commune ou s’il s’agit d’introductions distinctes provenant d’oiseaux sauvages. L’AFSCA informe que le nombre de cas chez les oiseaux sauvages reste exceptionnellement élevé, suite aux conditions météo des dernières semaines (temps froid, humide et venteux favorisant la circulation du virus). Le risque d’introduction des infections dans les poulaillers est aussi très haut. Ces cas de grippe aviaires perturbent les plannings des abattoirs pour les élevages situés en zones de protection et de surveillance. (source : AFSCA)

Grippe aviaire – UE

Entre début octobre et début décembre 2025, 355 foyers ont été déclarés dans 17 états-membres. Les pays les plus impactés sont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Pologne et l’Italie, mais l’Espagne et les Pays-Bas sont également très impactés. En premier, ce sont les pondeuses qui sont touchées, mais les dindes et canards également. (sources : Commission Européenne ADIS le 12/01/2026, groupe experts GREX-COM- Volailles et œufs)

Informations sur le continent américain

Mercosur : l’association européenne des transformateurs de volaille (AVEC) déplorait le vote des Etats membres de l’UE et exhortait le Parlement européen à rejeter le texte. Et d’estimer qu’avec les quotas prévus par l’accord Mercosur (180 000 tonnes), les importations totales représenteraient 9 % de la consommation totale de volaille de l’UE, « exerçant une pression insoutenable sur les producteurs européens, soumis aux normes les plus strictes au monde en matière de sécurité alimentaire, de bien-être animal, de protection de l’environnement et de normes sociales ». (source : Les Marchés)
– La récolte de soja record attendue au Brésil, ajoutée au retrait de la demande chinoise de fèves importées et aux surplus états-uniens de farine de soja, pèsent déjà sur les prix FOB d’origine sud-américaine. (source : Les Marchés)
– Le plus grand producteur de viande cellulaire, Believer Meats (anciennement Future Meat Technologies) était une entreprise de biotechnologie basée aux États-Unis et en Israël, spécialisée dans la production de viande cultivée (en laboratoire) à grande échelle pour offrir une alternative durable et éthique à la viande traditionnelle, mais elle a cessé ses activités en décembre 2025 suite à des difficultés financières et à un litige juridique concernant des factures impayées

MARCHES MONDIAUX, UE et Belgique POULETS ET ŒUFS  

Volailles de chair

  • Selon l’USDA, la production mondiale de volailles devrait progresser en 2026 et atteindre un niveau record de 109,6 millions de tonnes, à partir de grands producteurs que sont la Chine, le Brésil, les USA et l’UE (+3% en Chine, +1% aux USA). Les exportations devraient augmenter de 3% en 2026 avec un record de 14,7 millions de tonnes. Il s’agit de la 3ème année consécutive de croissance du commerce, stimulé par la demande accrue en protéines animales à bas prix. Cette croissance est portée par les exportations du Brésil et de la Chine ; cette dernière exportant vers la Russie, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique, l’UE et le RU. (source : les Marchés)
  • Selon la Rabobank prévoit à l’échelle européenne des perspectives du marché de la volaille restant favorables pour 2026, malgré des prix à la baisse. La grippe aviaire constitue la menace la plus forte sur le secteur. En positif, elle cite des prix des aliments à la baisse (diminution du prix du soja et perspectives favorables pour la récolte UE de blé). En négatif, le prix historiquement élevé des œufs à couver, car les troupeaux mondiaux de volailles reproductrices sont restreints depuis un certain temps déjà. La production UE devrait croître de l’ordre de 2 à 3% en 2026, mais ce n’est pour autant pas acquis (équilibre entre la demande, le développement des coûts et les risques sanitaires). La Rabobank prévoit une diminution d’1/4 des troupeaux néerlandais de poules pondeuses et poulets d’ici 2040 par rapport à 2023, en raison des mesures sur le bien-être animal et l’environnement. Cela représentera la fermeture de la moitié des établissements, alors que la consommation d’œufs et de volailles de chair continuera sa croissance durant ces 15 années. (source : Landsbond Pluimvee)
  • La situation de marché en poulets dans l’UE montre des prix qui évoluent dans un contexte globalement favorable, même si stabilisation récente : +6% par rapport aux prix de 2024. L’élément majeur concerne la situation sanitaire liée au H5N1. Les exportations UE diminuent un peu : -1% en volume (jusque août). Les importations quant à elle augmentent : +5% en volume (à partir du RU, de la Thaïlande et du Brésil). (source : rapport du groupe d’experts (GREX) du 12/12/2025 – volailles et œufs)
  • Belgique : le prix du marché sur Deinze et ABC a baissé d’1 cent lors du dernier relevé (respectivement en semaine 3 et 4). Les éleveurs ont pourtant poussé à une augmentation, car les signaux montrent que l’on va manquer de poulets. Des remontées d’info citent cependant qu’en semaine 3, il y avait trop de poulets. Après Noël et jusqu’au 7 janvier, on en manquait. Dans les semaines à venir, les prix devraient remonter, car la production ne suivra pas la demande. Même dans les pays de l’Est, les infos remontent comme quoi il manquerait aussi de produits.

Oeufs

  • La production européenne aurait augmenté de 8,5% sur la période janvier-octobre 2025, mais la prudence sur les chiffres est de mise. On observe une nette diminution de la production aux Pays-Bas et Allemagne par rapport à 2024, en cohérence avec la situation de grippe aviaire. En moyenne, les prix des œufs ont augmenté de 21% l’année dernière, reflétant le manque de disponibilités sur le marché : +22% en cages aménagées, + 21% au sol, +12% en plein air et +9% en Bio (moins grande hausse en Bio car la production sous contrat limite la variation des prix). Les exportations UE=+1% en volume et +5% en valeur. Le RU est le 1er marché de l’UE (41% des volumes). Les importations (128 000 tec sur les 10 premiers mois de l’année 2025) sont en très fortes hausses : +53% en volume, 70% en valeur (en lien avec le déficit d’œufs). C’est 5 fois plus par rapport à la période avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’Ukraine est le 1er fournisseur avec 70% des volumes importés (progression similaire par rapport à 2024). 12% viennent aussi de la Turquie. (sources : rapport du groupe d’experts (GREX) du 12/12/2025 – volailles et œufs, revue Les Marchés)
  • Belgique : Les chiffres de Kruisem ont montré, pour les œufs bruns en cages aménagées, une augmentation jusque la semaine 46 pour diminuer ensuite (mais stabilisation entre les semaines 48 et 50). Les œufs bruns au sol ont vu poursuivre leur prix jusqu’à la semaine 52 et diminuer ensuite (mais avec une stabilisation en semaine 50 et 51). Ils restent cependant à des niveaux hauts. Par rapport à décembre 2024, l’œuf brun au sol est +36% plus cher et l’œuf brun en cage, +23%.

Catherine Colot — Chargée de mission Aviculture/Cuniculture
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